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Restaurant, café, hôtel : ce que la facture électronique change pour vous au 1ᵉʳ septembre 2026

6 min de lecture

Dans un restaurant, un café ou un hôtel, la facturation électronique semble un sujet lointain : on encaisse des particuliers, on imprime des additions, et la réforme paraît réservée aux entreprises qui travaillent en B2B. C'est précisément ce raisonnement qui expose le secteur, car l'obligation qui arrive le 1er septembre 2026 ne concerne pas ce que vous envoyez : elle concerne ce que vous recevez.

Ce qui change vraiment pour un établissement

À cette date, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir une facture électronique. Vos fournisseurs — grossistes alimentaires, brasseurs, primeurs, blanchisserie, société de nettoyage, mainteneur de la chambre froide — basculeront progressivement vers ce format. Une facture ne vous arrivera plus par email en PDF : elle transitera par une plateforme agréée et devra être récupérée dans un outil raccordé.

Sans ce raccordement, le scénario est concret : la facture existe, le fournisseur considère qu'elle est délivrée, le délai de paiement court — mais vous ne l'avez jamais vue. Les litiges de ce type seront la principale source de friction du premier trimestre.

Trois flux à distinguer

Le vocabulaire de la réforme brouille les pistes. Dans un établissement, il y a en réalité trois flux distincts :

  • Les factures fournisseurs— vous les recevez. C'est l'échéance de septembre 2026, celle qui ne souffre aucune exception.
  • Les ventes au comptoir et en salle— ce sont des ventes à des particuliers. Elles ne donnent pas lieu à une facture électronique mais à de l'e-reporting : une transmission périodique des montants encaissés et de la TVA correspondante, sans détail nominatif.
  • Les factures que vous émettez à des entreprises— séminaires, repas d'affaires, groupes, chambres réservées par une société. Celles-là suivront le circuit complet de la facture électronique.

Le calendrier, sans jargon

1er septembre 2026 : obligation de pouvoir recevoir des factures électroniques, pour toutes les entreprises assujetties à la TVA — y compris les micro-entreprises et les établissements les plus petits. Les grandes entreprises et les ETI commencent à en émettre.

1er septembre 2027: les TPE et PME doivent à leur tour émettre leurs factures au format électronique, et transmettre l'e-reporting de leurs ventes aux particuliers.

Autrement dit, vous avez un an de plus pour l'émission, mais aucun délai pour la réception. C'est cette asymétrie qui piège les établissements : ils raisonnent sur 2027 alors que l'échéance réelle est en 2026.

Caisse certifiée et facture électronique : deux sujets

Beaucoup de restaurateurs pensent être couverts parce que leur logiciel de caisse est certifié. La certification des caisses répond à la lutte contre la fraude à la TVA : inaltérabilité, sécurisation, conservation. C'est une obligation réelle, mais distincte. Elle ne vous raccorde pas au circuit de la facturation électronique et ne réceptionne pas les factures de vos fournisseurs. Certains éditeurs de caisse ajoutent cette brique, d'autres non : la question mérite d'être posée noir sur blanc à votre prestataire.

Ce qu'il faut faire d'ici septembre

  • Vérifier que vous disposez d'un outil raccordé à une plateforme agréée capable de recevoir vos factures fournisseurs.
  • Prévenir votre comptable : il verra arriver des flux au format Factur-X, avec les données structurées qui vont avec — c'est une bonne nouvelle pour la saisie, à condition d'être prêt.
  • Demander à votre éditeur de caisse ce qu'il prévoit pour l'e-reporting de 2027, et par écrit.
  • Ne pas attendre août : l'été est la pire période pour un établissement saisonnier, et l'échéance tombe à la rentrée.

Combien ça coûte

Pour un établissement indépendant, la réception de factures et l'émission de quelques factures B2B par mois ne justifient pas un abonnement de comptabilité complet. Un outil de facturation raccordé suffit — chez Facturer, l'essentiel reste gratuit jusqu'à dix factures par mois, réception comprise et sans carte bancaire. L'objectif ici n'est pas de changer vos habitudes, mais d'éviter qu'une facture fournisseur se perde dans un circuit auquel vous n'êtes pas branché.

Pour la marche à suivre côté réception, le détail est dans notre guide sur la réception des factures électroniques. Et si vous êtes en franchise en base de TVA, votre situation précise est traitée dans l'article dédié à la franchise.

Questions fréquentes

Je ne facture que des particuliers : suis-je vraiment concerné ?

Oui, mais pas par où vous le pensez. Vos clients ne vous demanderont pas de facture électronique — en revanche vos fournisseurs (grossistes, brasseurs, primeurs, blanchisserie) vous en enverront. Dès le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir RECEVOIR une facture électronique. C'est le point aveugle du secteur.

Dois-je transmettre mes tickets de caisse à l'administration ?

Pas les tickets un par un. Les ventes aux particuliers relèvent de l'e-reporting : une transmission périodique de données agrégées (montants et TVA encaissés), pas l'envoi de chaque addition. Cette obligation suit le même calendrier que l'obligation d'émettre : 2027 pour les TPE et PME.

Mon logiciel de caisse suffit-il ?

Un logiciel de caisse certifié répond à l'obligation anti-fraude (loi de 2018), ce qui est un sujet différent. Il ne vous raccorde pas au circuit de la facturation électronique et ne reçoit pas les factures de vos fournisseurs. Les deux dispositifs coexistent : vérifiez auprès de votre éditeur, beaucoup ajoutent la brique e-facture, d'autres non.

Et les factures que j'émets pour les groupes et les séminaires ?

Ce sont des factures entre entreprises : elles entrent pleinement dans le champ. Vous devrez les émettre au format électronique via une plateforme agréée à partir de septembre 2027 (2026 si votre client est une grande entreprise qui l'exige déjà dans les faits).

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